Temps partiel

Communiqué de presse 23 juin 2022

Le temps de travail, une histoire de genre

 

Ce mercredi 22 juin, le Conseil (fédéral) de l’ Egalité des Chances entre les Hommes et les Femmes organisait une journée d’étude autour du travail à temps partiel, choisi ou contraint,  tel qu’il est vécu aujourd’hui, et ses conséquences sur la carrière des travailleurs et travailleuses.

En 2019 et 2021, le Conseil avait fait procéder à des enquêtes dans plusieurs secteurs employant majoritairement des femmes, occupées  essentiellement à temps partiel pour une bonne partie d’entre elles (Commerce, Maisons de repos , nettoyage, banques et assurances),  (https://conseildelegalite.be/nouvelles/resultats-des-enquetes-sur-le-travail-involontaire-temps-partiels).  Les objectifs étaient de vérifier dans quelle mesure les conditions de travail influent sur les choix des travailleurs, quelle était leur marge de liberté entre les contraintes professionnelles et celles de la vie privée, de quelle ampleur est l’écart de temps entre les hommes et les femmes.

Outre la présentation des résultats de l’enquête quantitative (Dominique De Vos) et des témoignages recueillis auprès des travailleuses elles -mêmes (Anne Guisset), les partenaires sociaux de ces secteurs ont exprimé leur point de vue, divergents certes,  mais tous reconnaissent les problèmes soulevés par les enquêtes.

Myriam Delmee (SETCA) confirme que le travail à temps partiel est la règle dans les entreprises de la grande distribution ainsi que la variabilité des horaires de sorte que les travailleuses n’ont aucun choix d’aménagement de leur temps de travail et finissent généralement leur carrière épuisées .  Quelques entreprises ont cependant introduit plus de prévisibilité des horaires.  Elle plaide encore pour une éduction collective du temps de travail.

Pour relever le faible niveau de qualification dans le secteur du commerce, Luc Ardies (UNIZO) signale entre-autres, que le Fonds social organise des formations en vue d’accroitre les compétences des travailleurs et travailleuses, pour s’adapter par exemple à la digitalisation des métiers.

Dominique Fervaille (FGTB) appelle les clients des entreprises de nettoyage de ne plus se focaliser sur le prix le plus bas des marchés publics et de privilégier le travail en journée plutôt que des horaires coupés.  Les travailleuses de ce secteur seraient plus visibles et mieux considérées socialement.

 

Danny Dubois (CNE) a souligné le vieillissement des résidents et l’intensité des rythmes qui accroissent la pénibilité des métiers peu qualifiés en maison de repos ainsi que le sentiment de ne pas faire œuvre de qualité. Il a revendiqué la révision des normes d’encadrement.

Veerle Van Roey (Zorgnet-Icuro) ajoute que la coopération entre les diverses catégories de personnel pour améliorer l’efficacité du service aux résidents exige une adaptation des normes de manière plus transversale. A cet égard , elle relate des expériences innovantes .

Le Ministre de l’ Economie et du Travail a quant à lui annoncé des modifications législatives comme l’augmentation du délai minimal de notification des horaires. Le CNT a été sollicité de faire des propositions en ce qui concerne les plages de disponibilité pour les travailleurs à temps partiel à horaires variables. Le projet de loi transposant la Directive concernant l'équilibre entre vie professionnelle et vie privée des parents et des aidants (Work Life Balance) contient également des mesures d’assouplissement des formules de travail .

 

Le Conseil de l’ Egalité des Chances appelle d’ores et déjà les partenaires sociaux à s’emparer, au sein des commissions paritaires des secteurs ciblés, des conditions de travail des travailleurs et travailleuses à temps partiel afin d’assouplir les temps de travail, de réfléchir à des compensations en échange de la flexibilité exigée par les entreprises.

Il sollicite aussi le gouvernement à faire appliquer les réglementations  de protection des travailleurs à temps partiel et de priorité pour un temps plein, avec plus de rigueur, à renforcer les dispositions spécifiques aux travailleurs et travailleuses à temps partiel (heures complémentaires, d’allongement des délais d’avertissement des horaires variables, ….) et prévoir éventuellement des sanctions en cas de manquements.

Il traduira ses recommandations générales et sectorielles dans un avis attendu pour l’automne enrichi grâce à une participation active des partenaires sociaux.

En début de journée, Sarah Schlitz avait appelé à mettre la question du temps de travail à l’agenda politique dans une perspective d’égalité entre hommes et femmes.

 

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